UN PROCÈS EN APPEL...
C’est une affaire vieille de plus de huit ans qui va retenir l’attention de la presse locale boulonnaise en cette semaine.
Une nuit d’août 2017, dans une des rues du centre-ville de Boulogne, un jeune homme de 24 ans, Jérôme W., est décédé après avoir reçu des coups.
Son agresseur, un garçon de 17 ans, rapidement arrêté, a reconnu avoir porté les coups. Mais c’est seulement sept ans plus tard qu'il a comparu aux assises de Saint-Omer pour homicide volontaire. Un crime puni de 30 années de réclusion criminelle, durée divisée par deux en cas de minorité de l’auteur des faits.
Lors de ce procès de 2017, la défense, au vu d’expertises médicales, a voulu démontrer qu’il n’existait pas de certitude au fait que ce soit un coup porté par le jeune homme qui avait provoqué la mort.
Le doute s'imposait. Le doute devant profiter à l’accusé, le garçon a été innocenté des faits d’homicide. Une décision qui n’a pas été acceptée par la famille de la victime pas plus que par le parquet qui a fait appel. L’audience en appel, prévue pour durer trois jours, a été ouverte ce lundi matin à Douai. Elle va être très suivie par la presse régionale qui attendait déjà ce matin la famille de la victime et son avocat aux abords du Palais de Justice douaisien.
Mais, là encore, on est dans un cas d’école.
L’auteur présumé du coup mortel est désormais âgé de 25 ans. En huit années, il a eu le temps de changer. D’évoluer, peut-être. L’homme que l’on va juger en cette année 2026 n’est plus l’adolescent de 2017. Il sera néanmoins jugé, sur des faits vieux de huit ans, par une cour d’appel pour mineurs. On ne voudrait pas être à la place des jurés.
De surcroît, du fait de la “minorité”. sous-tendue de l’accusé, l’audience va se dérouler à huis clos, en la seule présence des personnes concernées, parties civiles, témoins, magistrats, jurés et avocats. Toutes seront tenues au secret, professionnel ou autre. Egalement, la loi interdit tout compte-rendu des procès de mineurs ainsi que la mention de leur identité. Même quand ils ont vingt cinq ans.
Dernier détail qui rend cette affaire plus que hors norme. Avant tout jugement sur le fond, l’auteur présumé du coup mortel avait déjà effectué deux années de prison en prévention.
Vient-il de connaître cinq années de liberté préventive?
Faut-il, dans ces conditions, déplorer la lenteur de la justice?
Enfin, une pensée aussi pour les familles auxquelles la presse, avec les meilleures intentions du monde n’en doutons pas, ne laissera sûrement pas de répit. Il est vrai qu'à la lire, on devinait déjà son parti pris. N'y avait-il pas risque d'influence sur les jurés?
En conclusion, tandis qu'une actualité chasse l’autre, le malheur, lui, reste longtemps présent.
Mise à jour le 17 janvier:
Devant la cour d'appel de Douai l'acquittement de la cour d'assises de Saint-Omer a été confirmée.
Le lendemain, le quotidien local re-publiait une photo de la famille de la victime sous un titre annonçant un pourvoi en cassation.

En toute objectivité, bien sûr.