FINIR AU TROU POUR UNE MISE EN BIÈRE


CES MULTI-RÉCIDIVISTES L'ONT APPRIS À LEURS DÉPENS

 Deux mois ferme avec la révocation d'un précédent sursis pour l’un, six mois ferme avec maintien en détention, pour l’autre. Voila la sanction que le tribunal de Boulogne-sur-Mer a infligé, après délibéré, à nos duettistes,  Arsène et Lupin.
Ils étaient de conserve poursuivis pour un vol par ruse et escalade dans un local dépendant d’une habitation.  

Ils n’ont pas eu de chance ces deux-là. Pourtant tout s’était bien passé dans un premier temps. L’habitation à laquelle ils se sont attaqué dimanche dernier, au beau milieu de la matinée, figure sûrement parmi les plus jolies ou prestigieuses maisons de la ville. Elle est implantée à deux pas des remparts, au milieu d’un très joli et vaste parc boisé. Fallait-il être audacieux ou inconscients pour s’y attaquer.

Quand ils sont repartis avec leur butin, Lupin et Arsène ne se doutaient sans doute pas que le propriétaire des lieux était une sorte de personnalité locale. Ni que les lieux qu’ils venaient de cambrioler étaient sous vidéo-surveillance. Ni que la police locale, alertée par le propriétaire, se mettrait aussitôt à leur recherche en étant en possession de leur signalement, vidéo oblige. Ni qu’ils allaient se faire épingler peu après et conduits au commissariat.

Au moment où ils avaient été surpris par la police, les deux hommes étaient encore en possession d’une partie du butin en liquide qu’ils avaient dérobé une heure plus tôt. De fait, Arsène et Lupin reconnaissaient sans difficulté leur méfait, après quelques heures de dégrisement pour l’un d’entre eux. Sans doute qu'Arsène (à moins que ce soit Lupin) avait arrosé un peu trop tôt son délit. Après avoir été contrôlé avec près de un gramme d’alcool dans le sang, il n’avait plus rien à cacher.  Face à cette coopération, la procédure était vite réglée. Après un passage dans le bureau du procureur, et au vu de leur pédigrée, leur sort provisoire avait été vite réglé. Et, hop, direction la prison, en attendant le jugement.  

C’est donc encadrés par quatre gardes pénitentiaires que les deux hommes comparaissaient ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Boulogne. Trois magistrats devaient décider de leur sort. Lors de l’évocation par la présidente des faits reprochés, on apprenait que Lupin (à moins que ce soit Arsène) avait un casier judiciaire enrichi de vingt quatre mentions, dont dix-sept pour vols (d’où son surnom, ndlr). On apprenait aussi, qu’avant les faits reprochés, tous les deux se retrouvaient chaque soir au rendez-vous des sans-logis.

Car nos deux monte-en-l’air avaient au moins un point commun avec celui qu’ils avaient détroussé. A savoir les mêmes initiales. SdF. Sans domicile fixe pour les uns, sans difficulté financière pour l’autre. Le match était trop inégal.


Malgré un débat judiciaire entrecoupé de leçons de morales et de savoir-vivre. Malgré une défense plaidant pour qu’une petite chance soit accordée à ces deux laissés pour compte, les jeux étaient faits depuis longtemps. 
Nos deux cambrioleurs du dimanche repartaient ensemble, toujours bien encadrés, pour la prison.


Ah, on allait oublier un léger détail. Le butin pour lequel les deux gus comparaissaient ce mercredi, ce butin qu’ils avaient soutiré à leur légitime propriétaire, c’était bien du liquide. Oui, mais sous la forme de quelques cannettes de bière. Véridique. Valeur moins d'une vingtaine d'euros.

D’où le dicton: quand la bière est soutirée, il faut payer. Cher…