POUR LE MARGAT, ÇA L'AFFICHE MAL !

MAIS ÇA FINIT BIEN

Le Journaliste: Dis moi, cher Margat, je te vois en arrêt devant un panneau dont les affiches sont déchirées, tu n’y es pour rien j’espère
..?
Le Margat: Bin non, hein! C’est pon min genre, ej’respecte trop el’boulot des autes…
L.J. : Fais attention quand même. Si quelqu’un à ma place t’avait pris en photo, des gens malintentionnés auraient pu t’accuser d’en être l’auteur
L.M. : : Ui, ej’vois ed’quoi qu’on voulez parler. Et l’campane électorale alle fait que d’commincer.

L.J. :  Je suppose que tu as lu cela dans la presse locale?

L.M. :  Nan, j’l’ai lu sur internet, comme tout l’monde. Asteur y’a pu gramin d’gins qu’y z’acatent un journal. À propos, on savez qu’min grand-père il étoit livreur ed’journaux dins l’timps.

L.J. : Eh, non, je n’en savais rien, et il t’a raconté comment cela se passait.

L.M.: Bin, ui, hein. Y m’disoit qu’y s'levoit tous les matins à cinq heures pour aller au dépôt. Là y prenoit s’ration ed journaux. Il in chargeoit eune partie dans eune sacoche à dos et une partie dans une caisse qu’alle étoit accrochaïe ed’vint sin vélo..

L.J. : Dis donc, tu as bien retenu sa leçon…

L.M. : Cante, il me l’a tellemint racontaïe… Est-ce qu’on savez qu’à l’époque, y’avoit trois quotidiens à Boulonne, el Voix du Nord, Nord-Matin, et Liberté. Falloit pon qu’y s’trompe quand y glissoit les journaux dins les boites à lettes. Et pis y falloit pon qu’y traîne non pus parce que les gins y vouloient avoir les nouvelles avant midi.
.
L.J. : Dis donc, c’était presque un travail à temps plein…

L.M. : On voulez rire. L’après midi il avoit un aute boulot, il alloit livrer des caisses d’bière et d'pinard.

L.J. : Eh, bien dis donc, après tout cela il avait bien besoin de se reposer le dimanche..

L.M. : On n’y êtes pon! Il y avoit aussi des journaux el diminche, c’étoit l’lundi qu’les journaux y paraisoient pon.

L.J. : Alors il n’avait que le lundi de repos,? C’est…

L.M. : On n’y êtes toujours pon. El'lundi y passoit chez les clients pour incaisser l'prix des journaux. Et il a fait ça pindint quéques années. Après quoi il a pu infin s'arposer.
L.J. :  Je suppose qu'il a pris sa retraite…
L.M. : Nan, il étoit cor bin trop jeune. Alors il est rintraie comme portier à l’Sécurité Sociale du boulevard Mariette. Et il est dev’nu fonctionnaire!
L.J. : Sacré Margat, tu as toujours le dernier mot pour rire.