UNE AUTRE FORME DE PETIT COMMERCE...

... ET C'EST BIEN PLUS QU'UN SIMPLE FAIT DIVERS

Ces trois-là ont déjà eu plusieurs fois l’occasion de fréquenter le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Avec à la clé une petite collection de condamnations à des peines de prison. Tout cela pour des délits divers, commis ensemble ou séparément, comme l’attaque d’un fourgon, ou encore une histoire de participation à des débordements devant le tribunal même, voire plus simplement une conduite sans permis et sans assurance en récidive. Et déjà des affaires de drogue.


Pour ces raisons, ils ne sont pas non plus des inconnus de la police locale. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de s’insérer dans la vie sociale. Pour preuve, ils ont monté des sociétés avec inscription au Registre du Commerce et pignon sur rue, soit pour l'exploitation d’un bistrot ou pour une activité de portages divers, voire encore pour une affaire de vente et rachat de voitures. Mais voilà, la réussite n’était pas de leur côté. Enfin, disons que la réussite était moins présente que la schnouf. Sauf que la schnouf, quand on la consomme, ça ne rend pas forcément intelligent. Et quand on la revend, ça ne mène pas non plus à la réussite. D’autant moins quand on a un casier judiciaire déjà bien annoté et des policiers pour anges gardiens. 
Ces trois-là ont voulu jouer dans la cour des grands, ça ne leur a pas réussi.  

La seule lecture des motifs de poursuite qui les amenaient la semaine dernière devant le tribunal judiciaire ne laissait pas de doute sur leur sort à venir. Sauf miracle ou erreur de procédure tardivement découverte.

Ainsi, il leur était reproché le transport, la détention, l'offre, la cession, l'acquisition ou l'emploi illicites de stupéfiants. Et rien que cela leur faisait déjà encourir une peine de dix ans d'emprisonnement et de 7 500 000 euros d’amende selon l’article 222-37 du code pénal.

On les soupçonnait en même temps d’avoir apporté leur concours à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit de trafic de stupéfiants, et pour cela ils risquaient aussi une peine de dix ans de prison en vertu de l’article 222-38.

Et comme ils étaient aussi accusés d’avoir « blanchi » une partie d’un argent qui était le produit d’un délit, c’était encore cinq ans de prison à la clef, selon l’article 224-1 du code pénal. 
Bon, d’accord, il y aurait confusion des peines mais néanmoins, avant leur entrée dans la salle d’audience, leur sort était jeté.  
Et comme annoncé, après délibéré, les magistrats les ont renvoyés tous les trois  vers un nouveau séjour en prison, pour des durées allant de deux ans à quatre ans, avec avec de petites remises pour cause de sursis. Quant aux amendes financières, cela va être un autre problème.
 

MAIS VOILÀ, CETTE AFFAIRE EST BIEN PLUS QU'UN SIMPLE FAIT DIVERS 
Certes, ce n’était qu’une affaire de plus au sein du tribunal de Boulogne mais celle ci devrait cependant attirer l’attention sur ces trafics de drogue qui sont présents un peu partout dans la ville. Au vu et au sus de tous. Ainsi nos trois hommes jouissaient d’une certaine notoriété dans Boulogne, y compris pour des activités en apparence licites. Ils pouvaient être issus de familles honorablement connues. Il n'empêche qu'ils ont contribué à mettre la santé de Boulonnais en danger, et à porter atteinte à la sécurité des autres, dans le seul but de gagner de l'argent. 
A cette aune, à défaut d'être dans une situation catastrophique comme le disent certains, il se confirme que la ville de Boulogne n’échappe pas à ce que subissent désormais la plupart des agglomérations françaises, voire également les plus petites communes.
 Le narcotrafic a pris toute sa place dans la cité portuaire. Et cela ne pourra pas se régler uniquement au plan local.

Quand on sait que les affaires de drogue qui arrivent devant le tribunal représentent, selon les Douanes, à peine un pour cent du trafic, on mesure l’ampleur de la tâche. Surtout il ne faut pas oublier que derrière les trafiquants, il y a aussi, il y a d'abord, des consommateurs. 
Quant à l’arrivée sur le marché de drogues de synthèse, moins détectables mais qui détruisent plus vite et plus fortement leurs usagers, elle n'est pas un bon signal.