UN PETIT TOUR...D'HORIZON

OH! LA BELLE ÉTOILE !

Elle s'exprime dans un anglais très basique. On comprend que ce n'est pas her mother tong, sa langue maternelle. Mais on arrive toutefois à dialoguer, surtout quand l'équipe d'Horizon s'approche:

Horizon est une structure sociale indépendante qui vient porter assistance aux personnes sans abri. A Boulogne, il n'en manque pas. L'autre soir les gens d'Horizon ont aperçu cette femme, dans un fauteuil roulant, aux portes du parking de Nausicaa. C'était la première fois que ceux-là la rencontrait. Ils lui ont proposé de lui fournir de quoi se substanter, elle a accepté. Boisson chaude et boisson froide. Plus quelques aliments solides. 

A un moment elle a aperçu quelque chose dans leur panier. Quelque chose qu'elle souhaitait avoir. Et comme ils ne comprenaient pas son intention, elle s'est énervée. Elle voulait tout simplement des sachets permettant de se faire de la soupe. Apparemment, ce n'était pas son premier contact avec une équipe de secours. 
Une fois la camionnette d'Horizon repartie, on a essayé d'engager un échange avec la dame en fauteuil, juste pour faire un peu de conversation. Mais quand on lui a demandé de quel pays elle venait, elle s'est tout de suite emportée et nous a rembarrés sèchement, en anglais “Go upstairs” , allez, grimpez,  en nous montrant les 172 marches de l'escalier voisin. Et comme on n'obtempérait pas assez vite à son goût, elle s'est mise à vociférer bruyamment dans une langue inconnue de nous, une langue d'origine de l'est de l'Europe a-t-il semblé. On n'en saura pas davantage.

En parlant avec le voisinage on a appris que la dame en fauteuil dormait dans l'entrée piétonne du parking Nausicaa. D'où vient-elle, pourquoi est-elle arrivée à Boulogne, comment fait-elle pour sa toilette, a-t-elle des relations qui s'intéressent un peu à elle, cela reste un mystère. Au moins ne dort-elle pas dehors. Pas comme l'hôte de ces lieux que l'on put découvrir quelques centaines de mètres plus loin, vers le centre ville:

Une demi-pièce cuisine salle à manger et chambre à la fois. Tout à portée de main. Et on ne craint plus les voleurs. Et par beau temps on peut même contempler le ciel.
Dormir à la belle étoile, même l'hiver, voilà qui ne semble plus choquer personne par les temps qui courent. 
O tempora, O mores