LE MARGAT ET LE LANG DE CHEZ NOUS

Une histoire de maroquins

Le Journaliste: Bonjour cher Margat, tu souhaitais me poser une question?

Le Margat : Ui, vous qui savoit tout miux qu’tout l’monde, comme tous les journalistes, on z’allez m’dire qui c’est ce Einchteine dont on parle beaucoup in c’momint?

L.J. : Albert Einstein est un célèbre physicien dont plus personne ne parle aujourd’hui. Tu ne confondrais pas avec Jeffrey Epstein plutôt, cet homme d’affaire américain dont on publie en ce moment les dossiers secrets sulfureux?

L.M.: Ui, Epstein ou Einchteine, pour mi tout ça c’est relatif.

L.J. : Ah, oui, la relativité! C’est très drôle! Je vois que tu te payes encore ma tête, tu avais très bien compris de qui il s’agissait…

L.M.: Bin sûr, mi ej voulois jusse vous parler du copain-coquin Jack Lang ?

L.J. : Et en quoi les histoires de Jack Lang peuvent bien t’intéresser?

L.M. : Parce que min grand-père y m’racontoit qu’il l’avoit connu quand Lang il étoit v’nu su l’côte d’opale pour prinde el place à sin député d'l'époque.

L.J. : Dis donc, ton grand-père a de la mémoire politique. Il est vrai que Jack Lang a été député de la sixième circonscription du Pas de Calais qui reprenait alors une partie de Boulogne. C’était le socialiste Dominique Dupilet qui lui avait laissé sa place. L'ancien ministre de la culture cherchait juste un point de chute pour continuer d’exister.

L.M. : Y’a quand même quetchose ed’bizarre. El’ Lang bin pendu c’étoit eune vedette d’el Côte d’Opale pendant dix ans. Et aujourd’hui t y’a pon eu un mot dins l’presse locale pour rappeler c’t’épisode. Y sont ingrats quand même, hein..?

L.J. : Il faut dire aussi qu’après la côte d’Opale, Jack Lang a complètement laissé tomber le monde boulonnais. Il ne s’est plus intéressé qu’au Monde arabe. Il faut croire que cela devait lui rapporter davantage.

L.M. : Dites, à propos, on savez, vous, c’que ça veut dire pour un ministre el mot maroquin..?

L.J. : Oui, un maroquin, q.u.i.n., c’est un portefeuille en peau de chèvre et c’est aussi comme cela qu’on appelle les portefeuilles des ministres. Pourquoi tu me demandes cela?

L.M. : Parce que min grand père y m’disoit souvint que l’autre y préféroit les petits marocains aux gros maroquins et j’comprenois pon ça qu'ça vouloit dire. À c’t’heure, avec les dossiers Epchtine, ej’comprinds miux.  
L.J. : Sacré Margat, marocain-maroquin, tu as toujours le mot pour rire.