Municipales:connaît-on déjà le vainqueur du premier tour?
12 février.
Le premier tour des élections municipales aura lieu exactement dans trente et un jours. La campagne n’a pas encore vraiment commencé. On a bien vu, de-ci, de-là, quelques affiches rapidement décollées ou recouvertes. Dans une indifférence quasi générale. Qu’en pensent les citoyens concernés?
Enfin, en principe concernés!
Il suffit de se mêler à quelques groupes pour comprendre le désintérêt, pour ne pas dire le rejet, des citoyens envers le monde politique. Ici, c’est une association de marcheurs qui entraîne une trentaine de participants pour une ballade côtière. Ils ne sont plus très jeunes. Ils font partie de cette génération qui a eu l’habitude de voter et sur laquelle les candidats croient pouvoir compter. Le problème c’est que ces retraités, eux, ils savent compter…
Et ils viennent de s’apercevoir que le gouvernement (de gauche?) vient de leur rabioter quelques euros sans les avoir prévenus. Il paraît que c’est une histoire de CSG, entend-on parmi les marcheurs. Sauf que.. Sauf que l’une explique que c’est de soixante dix euros que sa retraite a été amputée. Pareil pour celle de son mari. Le compte est vite fait. Soixante dix euros multipliés par douze mois et multipliés par deux, cela va faire mille six cent quatre vingts euros (1 680 €) de moins à la fin de l’année. L’équivalent, pour le couple, de presque trois mois de loyer. Alors là, ça ne rigole plus.
Et il n’y a, à ses yeux, qu’une seule catégorie de responsables, à savoir les politiciens en général. De droite comme de gauche. Arrive alors l’éternelle ritournelle du « tous les mêmes, pas un pour relever l'autre ».
Dans cette association sportive, après les entrainements, on évite le sujet. Pire, on ne fait pas que l’éviter, on l’ignore. Une majorité de ces jeunes se détournent de la politique. Certains ne savent même pas s’ils sont inscrits sur une liste électorale. La politique locale ne les passionne pas. Ils ignorent quelles seront les listes en présence. Du remue ménage électoral ils ne retiennent que l’écume. Ne leur demandons pas le nom du premier ministre ou autres membres du gouvernement. Et s’ils connaissent le nom du maire de leur commune, ils sont parfois bien en peine de désigner son étiquette politique. Quant aux autres personnages de l’équipe municipale, ils leur sont inconnus. Ils hésitent aussi à trouver le nom de leur député.
Et la presse locale, alors? Là, c’est le flou. A force de parler de tout, on n’explique plus rien. On effleure. Une information chasse l’autre, c’est la course au scoop. Le fait divers l’emporte sur la vie profonde et la réflexion est remise aux calendes. Grecques de préférence? Même si plus personne n'étudie le grec…
Quant aux candidats, que deviennent-ils? Sur la ville-centre tandis que l’un vante ses réalisations, l’autre l’accuse d’avoir violenté un adversaire et le troisième s’enferme doucement mais sûrement dans l’anonymat. Pour la première fois il n’y aura que trois listes en présence. Et aucune liste du centre-droit, un mouvement totalement disparu faute de représentants charismatiques.
Dans les communes périphériques c’est les querelles entre maires sortants et anciens adjoints sortis qui font l’actualité. Reste quelques communes plus paisibles où il n’y aura qu’une seule liste.
Bref, à trente et un jours du scrutin, les élections municipales ne sont toujours pas la priorité des Grands Boulonnais. De ces quelques moments d’entretien avec la population plébéienne, on ne peut, à ce jour, que tirer une conclusion sur qui pourrait sortir gagnant le 15 mars au soir.
L’abstention.