AH ! LES PETITS HOMMES GRIS

Silence, on coule !

Ce pays prend l'eau. Au sens propre comme au sens figuré. En voici une nouvelle illustration.

Cette histoire se passe près de chez nous. Installés de longue date au bord d'une rivière des riverains ont constaté que le manque d'entretien des rives provoque des débordements d'eau lors de crues. Des débordements qui affectent les maisons et autres installations fermières. Voici des années, ils ont constitué une association pour prendre les choses en mains et essayer de motiver les autorités. Rien n'y fit. Alors, lassés d'attendre les pieds dans l'eau ils ont, avec leur propres deniers et leurs propres bras, remplacé des palplanches défectueuses qui laissaient les berges s'écrouler. Et il n'y eut plus d'inondation dans ce secteur. Tout était bien qui finissait bien. Non! C'était sans compter sur le génie technocratique français. Les petits hommes gris ont créé l'OFB.

Kesaco l'OFB? C'est l'Office français de la biodiversité. Un machin au nom ronflant comme nos technocrates savent en pondre. Un truc de plus dans lequel des gens payés avec nos impôts sont censés vérifier pourquoi d'autres autorités financées sur fonds publics n'ont pas accompli ce qu'elles devaient faire pour protéger les citoyens.  Et voilà que cet OFB découvre que des riverains ont réalisé bénévolement le renforcement de rives non entretenues, ceci sans avoir préalablement sollicité les autorisations requises. Et tant pis si ces formalités auraient pris des années. Le temps de se noyer dans la paperasserie administrative…

 Et qu'importe si l'avenir va démontrer que ces travaux ont rendu de grands services à la population environnante, les petits hommes gris de l'OFB vont rédiger rapport sur rapport, tous négatifs bien entendu dans le seul et unique but… Euh. Le but de justifier leur existence. Et pour couronner leur oeuvre ils vont déposer une plainte en justice pour, attention, on cite : “mise en place sans autorisation d'une installation ou d'un ouvrage nuisible à l'eau ou au milieu aquatique” fin de citation.

Rappelons que les dits travaux ont consisté essentiellement à remplacer et à renforcer  un système de palplanches laissé en l'état d'abandon par les autorités concernées. Sans ces travaux réalisés, bénévolement rappelons-le, par cette association de riverains, ce sont des hectares entiers qui risquaient d'être inondés. Mais, plus surprenant encore, au lieu de classer cette plainte ridicule, l'autorité judiciaire avait décidé de traîner en justice le président bénévole de l'association.
C'est ainsi que, pour ces travaux réalisés en l'an 2020, en ce mois de mars 2026 on a vu arriver à la barre un homme au bon sens paysan. Oh, pas le président en titre lors des travaux, non! Celui-ci est décédé et l'association n'a plus d'existence légale. Non l'homme qui se présente est un ancien membre de l'association syndicale. Il n'est responsable de rien et il est juste venu par respect de la justice.

Bref, si l'on peut dire, le tribunal découvre ce matin-là qu'on lui demande de poursuivre, pour des faits (d'utilité publique) vieux de six ans, une association qui n'a plus d'existence et dont l'ancien représentant légal est décédé! 
Même la procureure (pourtant représentante de l'accusation) ne peut qu'en rire. Le tribunal, tout en souriant au vu de l'absurdité de la situation, prendra quand même une décision, symbolique, de condamnation. Laquelle décision, après avoir été rédigée, sera adressée à une association qui n'a plus d'existence et dont le dernier représentant légal est décédé.
Et après on s'étonne de constater que la justice, elle-aussi, est… débordée !
En dépit de palplanches bénévolement dressées, ce pays prend l'eau, ce sera la seule conclusion.