A BOULOGNE, LA FÊTE EST FINIE

C'EST GUY LENGAGNE QUI L'A DIT

Quel contraste ce dimanche matin dans la salle du conseil municipal de Boulogne entre la ferveur des supporters de Frédéric Cuvillier et la courte prise de parole de son prédécesseur Guy Lengagne. Mais reprenons les évènements dans leur ordre chronologique.

Il est 9 heures 45 et déjà les premiers supporters de la majorité municipale patientent en vue d'une réunion qui ne va s'ouvrir qu'à 10 heures 30. Quand on aime…

Dix heures quinze. Les premiers élus font une brève apparition dans la salle pour signer le registre de présence. Guy Lengagne, ancien député-maire de la Ville, fait son petit tour. Dans la tribune du public, on commence à refuser du monde.
Dix heures trente cinq, Frédéric Cuvillier, maire sortant, ouvre la séance avant de laisser la place au doyen de l'assemblée, à savoir Claude Couquet qui rappelle à cette occasion avoir fait sa première apparition dans cette salle à la fin des années quatre-vingts.

C'était alors une autre époque. Pour sa grande première C. Couquet siégeait dans l'opposition, Jean Muselet s'étant installé, provisoirement, dans le fauteuil perdu (électoralement) par Guy Lengagne en mars 1989. 

Le président de la séance par intérim, comme c'est la loi,  demande s'il y a des candidats pour postuler au poste de maire. La candidature de Frédéric Cuvillier, sans surprise, est proposée par sa majorité. Y aurait-il d'autres candidats, demande C. Couquet? 
Va s'en suivre un incident comme, hélas, il risque de s'en reproduire au cours des six années à venir. Antoine Golliot, tête de la liste R.N. veut prendre la parole. Le président par intérim la lui refuse. L'autre insiste. Le ton monte. C'est la première querelle, genre guerre picrocholine, de la session. 

A. Golliot annonce donc sa candidature sans pouvoir s'en expliquer. Après les six dernières années passées dans l'opposition, il aurait quand même pu s'attendre à une embrouille. Et quel était l'intérêt de présenter une candidature sachant qu'elle ne recueillerait au mieux que sept voix sur quarante trois.
La suite ne faisait aucun doute, avec une majorité de 34 voix sur 42 suffrages exprimés (la seule représentante de la liste Elan Citoyen, pas encore au fait de son rôle, n'avait voté que pour elle alors qu'elle avait procuration de son chef de file) Frédéric Cuvillier retrouvait sa place sous un tonnerre d'applaudissements…

… la salle applaudissait debout, en jubilant, tandis que du côté de l'opposition, on faisait plutôt grise mine en restant assis.  Dommage que personne ne leur ait conseillé une autre attitude. Comme celle ne ne pas postuler inutilement au fauteuil de maire. Mieux encore, au nom de la démocratie, et dans un souci d'apaisement, annoncer que l'équipe apporterait ses voix au vainqueur, haut la main, de l'élection. C'est les fans de F. Cuvillier qui auraient été surpris sinon déçus. À contrario, ils ont pu bien rire de cette péripétie.
Et c'est reparti comme ça pour six ans..?

Lors d'une brève prise de parole, après avoir félicité celui qui fut successivement son élève, son disciple et enfin son successeur, Guy Lengagne allait quelque peu plomber l'ambiance festive. On résume son propos: “J'ai suivi les informations. Ce qui se passe dans le monde ne présage rien de bon. Nous allons connaître des temps difficiles. Boulogne va en souffrir. Je fais confiance à Frédéric pour bien veiller sur la ville et la population”. 

Après cela, dans sa seule prise de parole, F. Cuvillier a promis qu'il serait le maire de tous les Boulonnais, même de ceux qui n'ont pas voté pour lui. Ce qui est la moindre des choses. Il s'est abstenu d'ajouter qu'il serait aussi le maire de tous les conseillers municipaux, même de ceux qui n'ont pas voté pour lui. C'eût pu être une ouverture. Dommage. La politique, ce n'est pas la guerre. 
F. Cuvillier ne manque ni de panache, ni d'expérience ni de savoir-faire. Dans l'éventail politique local, il était sans doute le meilleur choix. Les autres ont grand besoin de mûrir.
Bonne chance, Boulogne-sur-Mer.

J.G.