OH, LA GAFFE...!

UNE BIEN CURIEUSE BONNE NOUVELLE

On ne sait pas bien ce qui s'est passé dans la tête du rédacteur de l'hebdomadaire local. Est-ce sans y réfléchir, ou bien par complaisance envers le pouvoir, ou bien, plus surprenant, est-ce une forme de provocation? Toujours-est-il, voici ce que la Semaine dans le Boulonnais a tenu à publier sur Facebook sous le titre “Bonne nouvelle":

Une bonne nouvelle? Mais combien sont-ils de Boulonnais à être propriétaires d'une voiture électrique ou hybride, voilà la bonne question?
Selon des études plus ou moins officielles, il y aurait moins de cinq pour cent de ces voitures en circulation à ce jour en France. Il y a donc peu de chance qu'à Boulogne ce pourcentage soit plus élevé. Et sans doute pas davantage chez les lecteurs du canard local.

Dans ces conditions, quelle idée surprenante pour un journal qui se veut proche de ses lecteurs d'annoncer une prétendue bonne nouvelle quand, à contrario, celle-ci représente une mauvaise nouvelle pour 95% des autres.
D'ailleurs la sanction n'a pas tardé. Sur la page Facebook, plus de neuf commentaires sur dix étaient pour le moins critiques. Voire, acerbes.

Par extension, on peut même se demander pourquoi le conseil municipal de Boulogne a adopté une idée qui semble tout droit venir de ces écolos bobos parisiens qui circulent à trottinette mais qui prennent régulièrement l'avion pour aller à Ibiza ou aux Maldives. Et puis, est-ce que les propriétaires de véhicules électriques attendent ce “cadeau” ou en ont besoin? Certes, non! Ou, encore, est-ce que la gratuité du stationnement en ville est de nature à inciter les gens à acquérir une voiture électrique? On peut en douter fortement. 

Dans ces conditions, le rôle d'un média proche de ses lecteurs ne serait-il pas d'attirer l'attention de nos élus sur une mesure qui tend à ignorer plus de 90% de la population, et surtout parmi les moins favorisés d'entre elle.
Tout le monde a le droit de se tromper.
Mais ce n'est pas rendre service que de laisser croire qu'une action politique est positive quand elle lèse et mécontente, en discriminant, une large majorité
Errare humanum est, perseverare diabolicum.