VI) SI BOULOGNE M'ÉTAIT COMPTÉ
La Chambre régionale des Comptes (CRC) a rendu voici quelques jours son rapport sur la gestion financière de la Communauté d'agglo du Boulonnais (CAB).
Que peut-on en retirer comme enseignements..?
D'abord que ce rapport est globalement positif. Globalement, il n'y a pas de gros problèmes financiers et l'argent rentre facilement.
Pour le profane (voir le lien en bas d'article) il va toutefois être assez difficile de s'y retrouver. Ce rapport de 40 pages denses a été produit par des gens style énarque à l'attention de gens du même acabit. Par exemple, l'actuel Directeur général des Services de la CAB est un ancien sous-préfet et le président, lui, enseigne le droit. Le genre langage abscons (littéralement: pas vraiment accessible à tout le monde) ça les connait.
Mais même entre gens du genre, on peut aussi se glisser quelques gentilles peaux de bananes à lire entre les lignes. Ainsi le rapport rappelle que, dans son projet de territoire, la CAB se fixe comme objectif de « bâtir le port du futur », de « s’affirmer comme territoire « blue Tech » de référence » et de « soutenir ses pêcheurs et projeter son économie halieutique vers des valorisations ambitieuses de 2ème et 3ème transformation ». Au titre du premier objectif, elle souhaite gagner 30 hectares sur la mer pour accueillir de nouvelles entreprises ou encore réactiver la desserte ferroviaire du port de commerce.
Voilà effectivement le rappel d'un bien joli et très ambitieux programme que la CRC conclut ainsi: La chambre recommande donc de compléter le projet de territoire par la rédaction d’un plan d’action chiffré et contenant des indicateurs, afin de faciliter son suivi annuel et pluriannuel.
Eh, oui, le programme est ambitieux, et, en gros, il n'y a plus qu'à… concrétiser!
On apprend aussi que la CAB a une bonne maîtrise des produits fiscaux qui se composent des taxes d’urbanisme, environnementales et liées aux activités de services, ainsi que de la fiscalité reversée. Sur la période, les premières augmentent de 74 % (+ 6,5 M€), pour atteindre, in fine, 15,2 M€ en 2024. Dynamique, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) en constitue la principale ressource : avec un taux de 11,04 %, elle a dégagé un produit de 14,1 M€ en 2024. Depuis 2019, elle a augmenté de 73 % (+ 6 M€).
Une augmentation de 73 % des taxes en six ans, ça, c'est maitrisé (rires)
Vraie bonne nouvelle entre autres, à la CAB les dépenses de personnel sont inférieures (126 € par habitant en 2023) à la moyenne des communautés d’agglomération du département (150 €).
L’EXPLOITATION PROBLÉMATIQUE DU PARKING DE « NAUSICAA »
Sous ce titre la CRC rappelle qu'il y a eu des divergences de vues entre l'exploitant privé de ce parking et la CAB. Le rapport conclut:
Au total, l’accord transactionnel, en plus d’être coûteux pour les finances de la CAB, aura été déséquilibré et sans contreparties en sa faveur. En outre, les concessions qu’elle a faites apparaissent, pour une large partie, sans fondement juridique ou contractuel solide. Au final, cette rupture s’est soldée par un coût de 9,3 M€ pour les finances de l’EPCI.
Neuf millions d'euros de pertes quand même. Et sans fondement? Ce doit être du langage technocratique.
N.B. Tous les passages en italique sont extraits du rapport de la Chambre régionales des Comptes.
https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-05/HFR2026-010.pdf