F. Cuvillier candidat aux législatives 2027

DIALOGUE À BÂTONS ROMPUS AVEC LE MAIRE-PRÉSIDENT DE LA CAB

C'est dans l'intimité du salon qui jouxte son bureau de l'hôtel de ville, et en présence de son attachée-cheffe de cabinet, que Frédéric Cuvillier m'a accordé cet entretien en ce lundi 1er juin.

On a très vite évacué un problème d'urbanisme (sur lequel on reviendra en une autre occasion) qui mettait en cause des décisions prises par des cadres municipaux. Sur ce point, le maire a tenu à rappeler qu'il apportait son soutien indéfectible au personnel administratif tant qu'une mesure définitive de justice n'avait pas été prononcée reconnaissant une forme d'abus de pouvoir.  
Il fut également question de la nouvelle aventure municipale commencée le 22 mars dernier. Le maire réélu persiste à voir chez ses opposants des gens dangereux, voir factieux. Sans autre précision que d'ajouter “Et puis une majorité a besoin d'une opposition!”. Sous-entendu, pas de concession ni de part, ni d'autre. Adieu le consensus, la vérité n'est que d'un seul côté.
Ont été aussi abordées les nouvelles mesures de sécurité concernant les accès ouvrant sur la salle du conseil municipal ou de la CAB, et en particulier aux espaces presse. Ces mesures auraient été justifiées par des références à la présence de Gilets Jaunes un soir de 2019 ou encore à un enfarinage lointain. Rien de bien convaincant.

A la question: pourquoi , après avoir été facilement réélu maire, F. Cuvillier continue-t-il à paraître quasiment tous les jours sur Facebook pour s'associer à des évènements, y compris de second ou troisième ordre, voici la réponse “C'est pour montrer aux gens que je travaille”. Certes. Mais il y a peut-être aussi une autre motivation (voir plus bas).
La discussion déborda ensuite sur des sujets plus factuels et précis. Comme par exemple l'arrivée récente sur le Boulonnais d'un personnage plein d'ambitions urbanistiques et dont le nom s'affiche sur de nombreux panneaux annonçant la prochaine édification d'un immeuble, confer un exemple au hasard ci-dessous:

Certains représentants locaux, politiques actuels ou anciens politiciens, ayant attiré l'attention sur d'éventuels rapports entre ce brillant personnage et le maire de Boulogne, la question a donc été posée à ce dernier.
Sans hésitation, M. Cuvillier s'est défendu de tout lien avec le dit promoteur. Dont acte. Même si cela n'empêche pas les deux hommes d'avoir des échanges utiles compte-tenu du rôle que chacun joue dans son propre domaine.
Dans cet échange à bâtons rompus et sans concession le temps passait vite, trop vite. Le maire et président de la Communauté d'Agglo a un emploi du temps très chargé. On a alors très succinctement abordé à la fois la situation politique locale et nationale. L'ancien député n'est pas tendre avec ceux qui lui ont succédé au Palais Bourbon
Rappelant que récemment il s'est rendu à l'Assemblée nationale pour un rendez-vous, un des huissiers lui aurait demandé pourquoi il avait déserté les bancs du parlement. La réponse est évidente, on peut la synthétiser ainsi: depuis la loi sur l'interdiction de cumuler un mandat de maire avec celui de député, les élus de qualité préfèrent la fonction locale, qui permet l'action, au rôle législatif qui n'a plus beaucoup de sens. Voilà qui frise l'évidence.

Juste avant de se quitter, le moment était alors venu de lui poser la seule question qui en valait la peine en la circonstance. “Monsieur Cuvillier, envisagez vous de vous présenter à la prochaine élection législative de 2027?”
A l'évidence le maire ne s'attendait pas à cette demande, aussi directe, et sa première réaction, y compris physique, fut de se réfugier derrière une sorte de déni. “Je ne répondrais pas à cette question” lança-t-il en prenant subitement du recul. Puis, il finit par ajouter “ Ce qui est sûr c'est qu'il va falloir remplacer celui qui est en place actuellement et qui ne sert à rien”. Il désignait ainsi, sans le nommer, Antoine Golliot, à la fois député de la circonscription (Rassemblement national) et son adversaire malheureux à l'élection municipale. Et voilà qui donnait à réfléchir.

Et pour  moi, c'est tout réfléchi. Frédéric Cuvillier sera bien candidat à l'élection législative dans la 5ème circonscription du Pas de Calais. Ce qui peut expliquer aussi pourquoi il tient tant à paraître tous les jours sur FB. 
Et le problème du non cumul des mandats alors..?
C'est tout simple. Un député, quand il est élu maire (ou inversement) a trente jours pour faire un choix entre les deux fonctions. Sauf que…
Sauf que, un député élu en juin 2027 pourrait profiter de ces 30 jours (voire davantage en cas de contestation de l'élection) pour faire revenir l'Assemblée sur cette ridicule loi sur le non-cumul.

Merci à Frédéric Cuvillier pour ce dialogue à bâtons rompus et sans concession.

Jacques Girard