DÉONTOLOGIE OU DES HONTES AUX LOGIS

Un débat en perspective au prochain conseil municipal

Le conseil municipal boulonnais va se réunir ce vendredi 5 juin avec 69 délibérations diverses et variées à l'ordre du jour. Il sera bien entendu question de finances, notamment avec l'approbation (ou non) des comptes de l'an dernier et une quinzaine d'autres histoires de dotations ou taxes.

Tiens, à propos de taxes, en plus de la reconduction de la taxe annuelle sur les friches commerciales (qui n'a pas eu pour effet de voir l'occupation de ces friches s'améliorer), les élus devraient voter ce soir-là l'institution d'une taxe sur les logements vacants. A défaut de voir ces logements vacants -souvent en triste état- être occupés, cela fera toujours rentrer un peu d'argent dans les caisses municipales. Même si cela ne figurait pas dans les promesses électorales des candidats.
Il sera aussi question de création d'emplois. Entre autres la municipalité envisage de créer des emplois permanents de coordonnateurs à la Maison de l'Entraide et à la Vie sociale des Tintelleries. La Ville va aussi créer des emplois permanents de chargé de suivi de logement (?) de référent sénior (??) ou encore de responsable de fonds contemporains et électroniques(???).
Leur absence faisait sans doute défaut.
Autre création qui devrait retenir l'attention, la désignation de la déontologue des élus. On explique….

C'est une loi bizarre comme nos législateurs n'arrêtent pas d'en produire. Elle n'a ni véritable sens ni aucun intérêt. Elle n'est effective que depuis 2023. Elle impose aux collectivités territoriales de désigner un déontologue susceptible de répondre aux interrogations “déontologiques” des élus. 
Mais attention, on précise bien que, selon la loi : les conseils rendus par le référent déontologue ne font pas grief et ne sont pas susceptibles de recours, ils n’ont pas de caractère obligatoire pour leurs destinataires et en sens inverse ne leur confèrent aucun droit.
Bref, comme on le laissait entendre, c'est encore un truc qui ne sert pas à grand chose, surtout à l'heure de ChatGPT  ou de Google Gemini qui vous donnent toute réponse à toute question de déontologie en deux secondes. Un peu d'intelligence, même artificielle, ne saurait nuire et, surtout, ça ne coûte pas 80 euros la question aux contribuables…
Car il reste qu'à raison d'une indemnité de 80 euros (maximum autorisé) par question posée, cela peut permettre au-dit déontologue d'arrondir des fins de mois. Essentiel quand il s'agit d'un ou d'une retraité(e) (bien payé-e) de la fonction publique. Avec même la possibilité, pour lui ou elle, de se faire rétribuer depuis son lieu de villégiature. Car si la fonction n'exige nul diplôme, elle n'exige pas non plus une véritable présence à proximité des élus. 
Boulogne ne pouvait donc pas passer à côté d'une telle opportunité. 

Et pendant ce temps là, à défaut de déontologie citoyenne, on a des hontes aux logis des citoyens.

A quoi peuvent bien penser (pensent-ils d'ailleurs?) les ceusses qui se débarrassent ainsi, n'importe comment, de leurs déchets ménagers, et même de leur petite culotte, si, si, il en jonchait par terre. Que pensent les touristes et les passants qui tombent sur ce spectacle? Et ceux qui gagnent ou regagnent leur logis dans cet environnement, comment le vivent-ils?  Et est-ce que ce travailleur municipal est condamné à ramasser continuellement le “brin des autes” comme on dit à Boulogne?
A quand un déontologue des citoyens?