C'EST OUTREAU... OU TROP PEU!

Y a-t-il une malédiction outreloise?

La ville d'Outreau traîne depuis un quart de siècle ce souvenir très lourd de la fameuse affaire de pédophilie à laquelle, pour la triste postérité, elle a donné son nom. Alors quand le nom d'Outreau revient dans l'actualité judiciaire de ce mois de juin 2026, la presse s'emballe…

Au début de ce siècle Outreau, la seconde ville de l'agglomération boulonnaise, est cruellement entrée dans l'actualité avec cette affaire de pédophilie qui n'a connu son dénouement qu'en 2004. Encore que certains commentateurs n'ont pas manqué de faire remarquer que l'enquête n'était jamais allée jusqu'au bout… Ou d'évoquer une terreur judiciaire comme l'écrivit un magistrat…

En 2021, c'est une affaire, toujours de pédophilie, qui a de nouveau fait l'actualité Outre l'Eau. Un animateur scolaire outrelois a été condamné par la cour d'assises à vingt ans de réclusion pour des viols sur des garçons de moins de 10 ans commis dans le cadre et sur les lieux de ses fonctions. Il avait reconnu les faits. Mais un autre élément troublant était presque passé sous silence, à savoir que les agissements du personnage auraient été portés à la connaissance de la mairie sans que celle-ci ne réagisse. C'est en tout cas ce que soutenait une association de défense de l'Enfance en saisissant l'an dernier le Conseil d'Etat. Avec pour objectif de faire reconnaître la responsabilité de la mairie outreloise dans l'affaire qui mettait en cause un animateur municipal. Finalement, en Février dernier, le Conseil d'Etat rejetait la demande de l'association.
Mais Outreau n'en était pas quitte pour autant. C'est à peu près au même moment que d'autres rumeurs rapportant divers harcèlements ont été mises à jour mettant en cause nommément le maire socialiste de la ville, Sébastien Chochois.

Cette histoire avait été laissée (provisoirement) de côté le temps d'une campagne électorale qui a vu Sébastien Chochois se faire débarquer de son fauteuil de maire dans l'indifférence (voire plus) de ses anciens “amis” ou partenaires politiques. Mais a-t-on vraiment des amis en politique? Il siège désormais au conseil municipal dans les rangs de l'opposition mais il reste conseiller départemental dans la majorité socialiste.
Ce mardi 3 juin la presse nationale a remis quelques pièces dans la machine à rumeurs. Le journal Le Parisien a en effet annoncé dans ses colonnes que l'ancien maire d'Outreau avait été placé en garde à vue dans le cadre d'une affaire de harcèlements sexuels.

Étonnant, non, que ce soit un organe de presse parisien qui publie cette annonce “en exclusivité” alors que la procédure de garde à vue s'était déroulée sur la Côte d'Opale. Un peu comme si un journaliste du cru avait préféré que cette affaire, ô combien sensible, soit d'abord publiée loin de ses bases avant d'être reprise dans un canard local. En toute innocence.

Toujours est-il que le nom de Sébastien Chochois vient de revenir dans l'actualité locale du Grand Boulogne, et pas pour sa gloire. A cette occasion, d'aucuns ne manquent pas de rappeler qu'avant les municipales dernières, un employé de la mairie d'Outreau, qui se disait harcelé dans son emploi, avait tenté de se suicider. Horrible coïncidence, il y a deux jours un employé de la Communauté d'agglo mettait fin à ses jours dans les locaux où il travaillait, suscitant quelque émoi et une rapide compassion.
Aucun rapport bien entendu avec S. Chochois. D'ailleurs l'ancien premier vice-président de la CAB était devenu, bien avant sa défaite électorale, une sorte de fantôme à la Communauté d'Agglo où il siégeait depuis trois mandats. Au point que d'aucuns, en 2025, s'étaient demandé s'il était toujours en fonction et s'il percevait encore ses indemnités. 
Cette absence était-elle déjà voulue par lui en prévision des ennuis qui allaient lui tomber dessus ou bien était-ce une première mesure d'éloignement…
La réponse prochainement dans Le Parisien? (rires).
 En attendant, il n'est pas inutile de rappeler que Sébastien Chochois est présumé innocent des délits qui lui ont valu une garde à vue et de revenir dans l'actualité…