Diffamation: Frédéric Cuvillier gagne son procès

Emballé, c'est pesé !

Ce jeudi matin, quand s'ouvre l'audience correctionnelle, il n'y a que trois personnes dans la salle, deux femmes et un homme. L'homme est accusé de violences, y compris sexuelles, sur des membres de sa famille dont sa concubine. Cette dernière est venue accompagnée. Victime et prévenu sont invités à se présenter à la barre pour apprendre que l'affaire va être renvoyée à la demande de l'avocat de la défense retenu dans une autre juridiction. Chacun rentre chez soi.

Alors quand le tribunal aborde la seconde affaire du jour, il n'y a plus personne dans la salle. 
Le prévenu n'a pas jugé bon de se déplacer. La partie civile est représentée par son avocat. De fait Frédéric Cuvillier et Christopher Benkada ne se retrouveront plus ni face à face ni côte à côte. Quant à la plainte du maire de Boulogne/mer pour diffamation contre l'ancien gérant du Cosy-Bar, cela va être réglé en moins de dix minutes.
Pour la présidente de l'audience, les écrits parlent d'eux-mêmes. Pour Me Tachon, représentant la partie civile, il suffit de rappeler les termes qu'a publiés C. Benkada sur sa page Facebook pour entrer en voie de condamnation. Pour la procureure il n'y a pas davantage de doute quant à la culpabilité du prévenu et, aussi, il faut protéger les élus de ces attaques.

Le tribunal, après un très bref délibéré, va suivre la même ligne. Le prévenu est condamné à une amende de mille euros ainsi qu'à rembourser des frais d'avocat et d'huissier pour un peu plus de trois mille euros. 
Emballé, c'est pesé! L'audience est terminée, le tribunal se retire. Car exceptionnellement ce matin-là il n'y avait que deux affaires inscrites au rôle, dont une avait été renvoyée. Un simple effet du hasard.

A l'origine de cette affaire il y avait des menaces de fermetures administratives de la boite de nuit Cosy-Bar, mesures justifiées par des plaintes de riverains pour tapage. Des décisions que le patron de l'établissement n'avait pas appréciées et qu'il s'était amusé à dénoncer sur Facebook en se vantant, vidéo et photos à l'appui, de sa proximité passée avec l'élu municipal. Cela aurait pu en rester là si l'auteur, sans doute encouragé par des “suiveurs”, n'avait pas évoqué dans ses écrits d'obscures histoires d'enveloppes atterries sur le bureau de l'élu. D'où la plainte en diffamation déposée, en bonne et due forme, par F. Cuvillier. On entrait alors dans le cadre juridique très formalisé de la loi sur la presse de 1881. 

Ainsi, à défaut pour le patron de bar d'avoir pu apporter une preuve de cette assertion dans un délai de dix jours après avoir reçu sa citation, son sort était réglé. C'est sans doute la raison pour laquelle il n'avait pris la peine ni d'assister à l'audience ni de s'y faire représenter. Ses accointances passées, réelles ou surjouées, avec le maire de Boulogne n'auront fait qu'aggraver son cas de gérant de bar en voie de liquidation.
Dura lex, sed lex.