Le Margat, le journaliste et la politique
Le Margat : Dites, j'voudrois pon ête indiscret (ah, ah, ah, j'rigole), mais on z'avez pris des vacances ces derniers timps ou bin on z'avez d'autes projets? J'dis ça car j'ai pon lu grand cose sous vot' plume ed pis un p'tit momint?
Le Journaliste : Décidément, on ne peut rien te cacher. Je suis effectivement en train de peaufiner un projet que je prépare depuis déjà l'été dernier et cela me prend un peu de temps. Et toi, c'est quoi ton actualité..?
L.M. : Si on voulez ben, on va canger un peuw les rôles, cette semaine c'est mi que j'pose les questions et c'est vous qui répondez. C'est min Grand-Père, qui vous a bin connu, qui m'les a suggéraïes…
L.J. : Comment m'a-t-il connu ton…
L.M. : Nan! C'est mi qu'j'interroge et c'est vous qui répondez. Alors, quo qu'c'est qu'on z'allez faire eune fois qu'el projet que vous m'avez déjà parlé y s'ra terminé. Et j'crois m'rappeler qu'ça avoit un rapport avec el tribunal…
L.J. : Déjà, je peux te dire que ce projet pourrait encore, sous d'autres formes, me tenir jusqu'à la rentrée prochaine.
L.M. : Et après?
L.J. : Après, je ne suis sûr de rien. Tu n'as pas remarqué à quel point tout paraît instable depuis déjà trop longtemps dans ce fichu pays..?
L.M. : J'vous rappelle qu'c'est mi que j'pose les questions!
L.J. : Tu m'agaces. Regarde autour de toi. Il n'y a plus personne qui croit en rien, nous ne savons plus en qui ou en quoi on peut avoir confiance. Nos politiciens, à tous les niveaux, ils sont tous adhérents à TPMG, comme le dit François Bayrou à l'occasion de la sortie de son dernier livre..
L.M. : Ça veut dire quoi TPMG?
L.J. : TPMG, Tout Pour Ma Gueule! Et Bayrou sait de quoi il parle. J'avais fait jadis un petit bout de chemin avec lui. Je le croyais sincère. Je pense même qu'on lui a fait un mauvais procès avec l'histoire de Bétharram. Mais c'est ça la politique des coups tordus. Ils ne se font pas de cadeaux même si tu as constaté qu'ils s'accrochent tous à leurs fonctions pendant des décennies. C'est dire si la soupe doit être bonne. Il n'y a qu'à regarder Mélanchon, ça va faire cinquante ans qu'il vit aux frais des contribuables…
L.M. : Et bin, ça y est, on vous artrouve.! Il avoit raison min Grand-Père…
L.J. : Oui, si tu veux. Ce qui devrait surprendre mais qui ne m'étonne plus, ce n'est pas la crédulité des citoyens mais leur passivité. Ils ne sont pas contents, ils râlent mais ils finissent quand même par tout accepter. J'aimerais sortir du lot.
L.M. : Et quoi qu'on voudriez qu'ils fassent.
L.J. : Il est bien là le problème. Tout est verrouillé. Là Haut ils jouent avec nous au jeu de pile tu perds, face je gagne. Et cela s'est encore aggravé avec ce président sorti de nulle part qui dit blanc le matin, rose le midi et noir le soir.
L.M. : D'après vous quo qui devroit dire et faire sin futur rimplaçant?
L.J. : Franchement? Ce que je pense? Je serais prêt à voter à la présidentielle pour quelqu'un qui oserait promettre qu'une fois élu il organiserait un référendum pour une nouvelle constitution, avec une vraie gestion démocratique et pas des successions de soumissions. Et, qu'en attendant, on se mette en retrait de cette Europe belliciste et destructrice de ce que nous étions.. Mais personne n'osera jamais le faire au risque d'être boycotté par tous ceux qui tirent les ficelles. Au risque de disparaître, au moins médiatiquement. Sinon pire…
L.M. : On parlez comme min Grand-Père. Li aussi y dit qu'on devroit faire eune Europe edl'Atlantique à l'Oural comme y disoit de Gaulle. Alors, si j'vous comprinds bin, on z'zavez pon renoncé à l'politique..?
L.J. : Sauf que pour moi, contrairement à bien d'autres, je n'en fais ni une question de pouvoir ni de poste ni une question d'argent..
L.M. : Bin, sûr, bin sûr. Mais y disetent tous ça. Et hop, eune fois élus, par ici la galette et j'sus bin d'où que j'sus. Alors? Commint faire ?
L.J. : Tu vois, après la présidentielle, normalement il va y avoir des législatives. Eh bien moi j'ai fait un rêve. J'ai rêvé que je votais pour un candidat qui avait promis de renoncer à son indemnité de parlementaire et qui demandait à ses électeurs de postuler pour être les gestionnaires des fonds qui seraient ainsi versés, directement depuis l'Assemblée, à une oeuvre de bienfaisance…
L.M. : Et alors…?
L.J. : Et alors je me suis réveillé. Ma femme avait mis la radio et il était question de macron qui avait reçu “Trump la mort” dans la Galerie des Glaces du Château de Versailles…
L.M. : Et alors?
L.J. : Alors je me souvenais d'une image que j'avais vu la veille à la télé. C'était une sorte de panorama sur un camp de migrants s'étalant sur des centaines de mètres sous la ligne aérienne du métro parisien. On y voyait des tas de détritus, des rats, des pauvres hères, des trafiquants de tout, le quart monde en pire. Et tout ça dans un quartier de Paris que j'avais bien connu dans ma jeunesse. Et je comparais ces deux images, Versailles et le boulevard de la Chapelle.. Et je me disais que l'état de la France se rapprochait petit à petit davantage du boulevard que du château…

La France de demain ?
(à suivre)