AILLEURS: Un coup de bec en passant
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Ce qui n'a jamais été dit à propos de Nausicaa (par Jacques Girard)
En 1986, après avoir été secrétaire d'Etat à la Mer sous la présidence Mitterrand, Guy Lengagne, maire, décide de créer à Boulogne un Centre de la Mer. L'idée n'était pas saugrenue mais son emplacement, à titre personnel, m'a tout de suite posé problème. En effet, pour construire ce Centre de la Mer, G. Lengagne décida de détruire entièrement le casino municipal.

C'était un superbe bâtiment, symbole de la reconstruction, de Boulogne après la guerre 39-45 et la destruction d'une partie de la ville. C'était un vaste bâtiment avec une salle des fêtes capable d'accueillir plus de mille convives lors de la Fête du Poisson. C'était un magnifique casino avec des salles de jeux et des salons privés au mobilier choisi. C'était… C'était une ambiance habilement moderne et surannée à la fois! Et qu'on ne retrouvera plus.
Quant au Centre de la Mer c'était beaucoup d'argent engagé (140 millions de francs officiellement) en grande partie financé par l'Etat et l'Europe.
Seulement, en 1989, le chantier était resté quasiment en plan quand l'équipe de Jean Muselet s'installa à l'hôtel de ville. Dans sa majorité, le nouveau conseil municipal n'était pas très favorable (euphémisme) à la poursuite des travaux. Il était difficile cependant de laisser un tel chantier en l'état.
Alors, en avril 1989, j'ai emmené J. Muselet visiter l'aquarium de La Rochelle qui avait le même architecte (J. Rougerie) que celui retenu à Boulogne. Puis j'ai provoqué une rencontre entre le nouveau maire et l'architecte sur sa péniche parisienne.
Et finalement notre équipe a décidé de poursuivre les travaux. En ma qualité (sic) de premier adjoint précaire, j'y avais mis, avec mes colistiers, une condition expresse. A savoir que le financement de la suite des travaux et du fonctionnement futur ne reposent pas QUE sur la seule ville de Boulogne. Ainsi a été créée la Société d'Économie Mixte de Nausicaa, avec un conseil d'administration largement ouvert, y compris au privé. J'avais bien compris qu'un tel établissement serait rapidement contraint d'évoluer et il n'était pas question que ce soit la Ville qui en supporte le prix.
En 1989, il ne s'en était pas fallu de grand chose pour que le projet d'un Centre de la Mer fût remis en cause. L'idée de refiler le bébé à la Région et au Département avait même été évoquée
Trente sept ans plus tard, je continue de m'interroger sur son rapport coût/services rendus. Et sur qui aujourd'hui paye la note, comme dirait l'autre volatile?
Quant au choix de l'emplacement…
J.G.