Lendemain de fête et gueule de bois

Mensonges et arrachage de dents

Depuis mon retour à Boulogne (après près de trente ans d'absence) je ne manquais jamais une occasion d'inviter mes amis ou relations , éparpillés un peu partout en France, à venir nous rejoindre, ne serait-ce que pour quelques jours, sur la Côte d'Opale.  Autant dire que ceux-là ne vont pas manquer de m'évoquer ce qui s'est passé en fin de semaine dans la clinique qui porte ce nom. 
Une jeune fille de 17 ans, attendue dans cet établissement hospitalier pour se faire opérer de la cheville, est ressortie du bloc opératoire sans ses quatre dents de sagesse.
Si ce n'était pas dramatique, on aurait pu croire à une très mauvaise blague comme me l'a suggéré l'un de mes correspondants. 
Toute la presse nationale a fait ses “choux gras” de cette histoire qui a même franchi les frontières du pays. Autant dire que l'image du Pas de Calais, en général, et du Boulonnais en particulier, en a encore pris un coup! Cf, ci-dessous, copie du dauphiné libéré (Savoie)

Mais comment est-il possible qu'un chirurgien-dentiste procède à l'arrachage de quatre dents de sagesse à une jeune patiente avec laquelle il n'avait pas pris contact avant cet acte chirurgical? Comment se fait-il que dans un bloc opératoire, ni le médecin anesthésiste ni le personnel infirmier ne se soient rendu compte de l'erreur? Comment peut-on extraire quatre dents, en apparence saines, sans en connaître les motivations et sans jamais avoir échangé avec la jeune patiente? 
A l'heure d'écrire ces lignes, je n'en sais pas davantage sur ce qui s'est passé à la Clinique de la Côte d'Opale qui fut jadis un établissement réputé*. D'autres “faits divers” chasseront bientôt cette histoire de l'actualité, sauf que ce qui s'est passé dans cette clinique ne relève pas du faits divers.
Car cet “accident médical" devrait davantage marquer l'opinion que les manifestations en tout genre censées rendre Boulogne plus belle et plus attractive. 
Je passe vite sur deux réflexions évoquées depuis. L'une où il était question, par dérision bien sûr, de l'enfer du Nord ou encore du quart monde. Et une autre qui faisait le rapprochement entre la visite dans le Boulonnais de François Hollande (le président qui parlait des Sans-Dents) et cet horrible traitement infligé à une jeune fille. Mais le problème se pose plus sérieusement.

A un moment où nos politiciens locaux tentent d'endormir la population avec des jeux et des animations de toutes sortes, il serait bon de les entendre parler de sujets plus préoccupants, comme la santé des citoyens par exemple.
Plutôt que de célébrer dans le faste les 35 ans de Nausicaa, n'aurait-il pas été préférable pour l'Agglo de s'intéresser aux 45 ans de la Clinique de la Côte d'Opale et à ses manques et à ses besoins. Cela fait des années que cet établissement donne des signes de faiblesse sans que cela ne retienne l'attention des pouvoirs publics locaux, régionaux ou nationaux. Il en va pourtant de la santé de tous. Il n'y a pas que des fêtes et des distractions dans la vie.

Panem et circenses, du pain et des jeux. Cela n'avait pas trop réussi à l'empire romain. OU, plus prosaïquement:  les lendemains de fêtes donnent souvent la gueule de bois.

Jacques Girard

* P.S. A propos de la clinique de la Côte d'Opale, dans les années quatre-vingts je n'avais eu qu'à me féliciter du savoir-faire et de la qualité de cet établissement créé (entre autres) par mon ami le docteur Jean-Pierre Dickès et où exerçaient des chirurgiens de renom (tel Jean-Pierre Michaux)… qui venaient de l'hospitalisation publique! Au point de faire de l'ombre et de donner des leçons à cette dernière.
Comment a-t-on pu en arriver là aujourd'hui?
JG