DE GAULLE, REVENEZ !
Le Margat : J'aimerois bin savoir pourquoi qu'on m'avez donné rindez-vous devint l'cinéma Mégarama?
Le Journaliste : C'est peut-être parce que j'aurais aimé te parler des deux spectacles qui semblaient être les évènements de l'été...
L.M. : On voulez parler d'l'anniversaire ed Nausicaa ou bin du Festival d'el Côte d'Opale ou bin d'el fête du Port..?
L.J. : Non, j'aurais préféré évoquer avec toi le retour sur le devant de la scène de celui qui fut un grand président et un défenseur de notre république…
L.M. : Ne m'dites pon qu'on voulez parler du passage à Boulonne ed François Hollande que l'maire il a baladaïe partout pour li montrer el' misère sociale ed la Ville…
L.J. : Ne te moques pas! J'ai dit un grand président, un défenseur de la république! Je faisais référence à ces deux films dont voici l'affiche:

L.M. : Ah, bin ça alors! J'étois même pon au courant qu'ça passoit à Boulonne!
L.J. : Cela ne m'étonne pas. Je n'ai pas vu une seule allusion à cette allégorie française en deux parties, ni sur les réseaux sociaux locaux, ni dans la presse, ni dans les prises de paroles du personnel politique local (ou de ce qu'il en reste)…
L.M. : Et d'après vous pourquoi?
L.J. : Je vais te donner un exemple. À un moment de la seconde partie, on voit des jeunes hommes en uniforme, des blancs, des noirs, des arabes, bien mélangés, entonner un des couplets de la Marseillaise…
L.M. : On voulez parler du sang impur pour abreuver nos sillons qui m'donne chaque fois froid dins l'dos quand j'l'intinds..?
L.J. : Non, je te parle de ce passage où il est dit, à propos de la République française, qu'un Français doit vivre pour elle et que pour elle un Français doit mourir…
L.M. : Et alors?
L.J. : Et alors, tu connais encore quelqu'un qui serait capable de chanter haut et fort qu'il est prêt à mourir pour conserver ce qu'est devenue la France d'aujourd'hui..?
L.M. : A bin y réfléchir, j'vois personne, on z'avez raison…
L.J. : Mais il y a plein d'autres moments forts dans ce film et il faut savoir les interpréter. Dans ces années quarante, De Gaulle avait compris que si le pouvoir allemand était alors notre ennemi juré, ni les dirigeants anglais, ni les dirigeants américains n'étaient nos amis…
L.M. : Quoi qu'il lui faisoit dire ça puisqu'ils nous ont libérés in quarante quatre…
L.J. : Dans ce film on entend Wiston Churchill dire à de Gaulle que, quoi qu'il arrivât, la Grande Bretagne serait toujours du côté de l'Amérique, pas de la France ni de l'Europe. Et ça n'a pas changé depuis…
L.M. : Et les Amerloques..?
L.J. : La présidence des USA voulait déjà transformer la France, après la guerre, en une sorte de colonie américaine dont elle avait déjà prévu de remplacer le franc par une monnaie neutre sous son contrôle…
L.M. : Ui, et heureusemint de Gaulle il a réussi à nous protéger ed'ca…
L.J. : Comme tu dis, mais en tirant les ficelles des gens qui ne pouvaient rien lui refuser, le pouvoir américain a quand même réussi à faire disparaître le franc et à le remplacer par l'euro. Quant à l'indépendance industrielle ou énergétique du Pays, elle a aussi disparu…
L.M. : Ah, ui, même que l'macron y voudroit partager not' défense nucléaire avec l'Allemagne… J'vois bin d'où qu'on voulez in v'nir..
L.J. : Oui, alors nous en reparlerons. En attendant, voici dix euros. Si tu y vas avant midi, pour ce prix là au Mégarama tu pourras voir les deux séances sur de Gaulle. Et tu ne perdras pas ton temps ni mon argent.
L.M. : J'vais suive vot' conseil et j'crois même que j'vais y ramener min Grand-Père qui n'devoit pon ête au courant qu'ça passe à Boulonne. Ça devroit li plaire. Alors, à l'semaine prochaine..!