FACE-BOOKEUR…
Personne n’est épargné dans les pages Facebook. Et plus le grade est élevé et plus les facebookeurs s’en donnent à coeur joie, ce ne sont pas nos politiciens professionnels qui diront le contraire. Au contraire ajouteraient-ils d’ailleurs (rires).
Sauf que, dès qu’ils en ont l’occasion, ces politiciens, plutôt que de répondre sur le fond, n’hésitent pas à saisir la justice. C’est ce qu’a fait Daniel Fasquel qui n’a pas apprécié les propos que Xavier B. avait tenus à son sujet sur Facebook. D. Fasquel, ancien député UMP (pendant trois mandatures quand même) est le maire du Touquet depuis six ans. Il fait partie de ces cibles qui donnent l’occasion aux citoyens de régler des comptes avec les gens de pouvoir interchangeables qui ont ruiné la France ces dernières décennies.
Une plainte au pénal
Ainsi courant août dernier, X.B. avait soutenu que le maire touquettois aurait profité de présumés voyages vers les îles, payés par la collectivité, pour emmener avec ses bagages des membres de sa famille ou autres relations. Tels qu’ils ont été rapportés à l’audience, ces propos constituent bien une diffamation. Ce qui fait encourir à leur auteur une peine pouvant atteindre 45.000 euros d’amende… Sans tenir compte des inévitables (ou presque) dommages et intérêts à verser au plaignant en cas de condamnation. Les chroniqueurs de Facebook doivent être informés que les politiciens disposent d’un atout qui n’est pas négligeable.

En sa qualité de personne dépositaire de l’autorité publique (comme tous les maires) D. Fasquel bénéficie de la protection fonctionnelle. C’est à dire que tous ses frais de justice vont être pris en charge par la collectivité, avocat compris. Ainsi, le maire du Touquet a-t-il fait appel à un ténor parisien lequel n’a pas hésité à se faire « substituer » par une avocate locale pour la première audience, dite de consignation, ce 22 septembre au tribunal de Boulogne. Une autre audience aura lieu le 13 octobre pour… Pour arrêter la date de l’audience suivante où l’on débattra, peut-être, sur le fond de la plainte. L’auteur de la diffamation présumée, qualifié de « prévenu » par la justice pour l’occasion, va déjà en être pour ses frais… Avec peu de chance de se les faire rembourser… Sauf s’il parvient à démontrer, par des preuves incontestables, que ses propos étaient fondés. A l’audience de consignation son avocate paraissait sereine.
Un prévenu averti en vaut-il deux…?