E X O D U S

IL N'Y A PLUS DE TERRE PROMISE

 

Scènes émouvantes et déprimantes à la fois ce 23 septembre matin sur la Côte d’Opale, Des centaines de migrants ont tenté de traverser la Manche pour rejoindre l’Angleterre. 

 Quelques uns ont réussi, d’autres ont échoué, d’autres ont dû être secourus, un en est mort. Mort à 40 kilomètres de la « terre promise » qu’il convoitait, celle de la Blanche Albion, alors qu’il avait déjà parcouru des milliers de kilomètres depuis son pays perdu, l’Irak ou la Somalie.


Sur la plage d’Equihen, ils étaient plus d’une cinquantaine à vouloir embarquer sur le même canot pneumatique destiné à en transporter une dizaine tout au plus. Ils s’y sont pris à plusieurs tentatives pour réussir à faire monter tout ce monde à bord. Ils ont bien été aidés par des secouristes-pompiers en équipement de plongée et par un bateau de secours prêt à accompagner l’embarcation pendant quelques miles. Même les gendarmes participaient peu ou prou, en tout cas n’empêchaient rien. Après des heures d’effort, à grand renfort de solidarité, tous ces exilés finirent par trouver une place. A cet instant, de l’embarcation s’élevèrent des cris de joie accompagnés de grands mouvements de bras, en signe de victoire. Comme pour dire au revoir à la France (photo): 

Ce fut au grand soulagement des rares spectateurs ou aidants. Mais la joie des migrants fut de courte durée. A moins d’un mile nautique de la côte leur moteur donna des signes de fatigue. Et le bateau pneumatique dût être remorqué. 

À ce moment-là, sur la plage, on n’était pas très fiers d’être Français.
 Certains d’entre ces migrants avaient quitté la Somalie ou encore l’Irak. Avant d’arriver sur la Côte d’Opale ils avaient parcouru plus de cinq mille kilomètres et affronté plein de dangers. Ils avaient aussi payé, très cher, des passeurs sans scrupule. Ils étaient à 21 miles nautiques de leur « Terre Promise ». Ils étaient prêts à risquer leur vie pour l’atteindre alors qu’il existe des moyens sécurisés pour le faire. Mais des dirigeants français ont décidé qu’ils seraient bien mieux chez nous, en France, ce pays où on les a laissés entrer sans problème. Et où ils vont devoir rester, même après trois OQTF.

Il y a là quelque chose qui échappe au bon sens et à l’humanisme… Qui sont pourtant des vertus revendiquées par ces mêmes dirigeants.


J.G.