LA MEILLEURE ET LA PIRE DES CHOSES
À l’instar de la langue d’Ésope, Facebook peut être à la fois la meilleure et la pire des choses.
Cela permet, par exemple, à un élu de vanter chaque jour sans vergogne ses supposés mérites et réussites ou de se montrer inaugurant des réalisations qui le dépassent et pour lesquelles il n’a joué que le rôle de figurant.
Dans le même temps, les citoyens qui ne partagent pas la même satisfaction que l’élu ont à leur tour la possibilité de le contredire puisque l’on est (encore?) en démocratie.
Voilà pour le meilleur de Facebook. Mais le pire peut arriver tout de suite après.
En voici un exemple totalement inventé: un maire vient expliquer sur FB à ses administrés que, grâce à son action, l’eau qui coule des robinets est si pure que, par comparaison, l’eau d’Évian serait presque un bouillon de culture. Pourquoi pas. En réponse, et après avoir vérifié les analyses et autres études hydrologiques, M. Durand, un simple quidam, parvient à démontrer (de bonnes sources) que la-dite eau du robinet contient un certain nombre de polluants et qu’elle présente un goût de chlore. Et il publie cette mise au point en toute transparence sur FB.
Dès lors tout se complique. Plutôt que de considérer les deux points de vue et de les mettre en balance, certains, consciemment ou non, vont polluer le débat.
Pour certains des opposants, l’élu va pouvoir être qualifié d’empoisonneur, sans aucune mesure. Chez les supporters, faute d’arguments, d’aucuns se contenteront de jeter l’anathème sur le quidam, orthographe malmenée incluse: « Durand se gros lourdau tout ce qui s’est faire s’est critiqué ».
Cela vole rarement plus haut le débat politique sur FB.
Ici, dans ce journal, on y préfère la modération.

En attendant, hâtons-nous de profiter de la douceur de vivre dans le Boulonnais. En cet automne ensoleillé les « locaux » ont retrouvé une circulation (presque*) apaisée, des quais libérés de ces animations estivales faussement populaires, de cette plage au sable fin d’où il n’est toujours pas conseillé de partir se baigner mais sans qu’un haut-parleur ne nous le rappelle vingt fois par jour, de cette mer bleue azur comme le ciel sait nous en réserver, de cette Côte d'Opale où des touristes viennent s'agglutiner l'été et qu'on retrouve plus calme l'automne venu. Oui, faisant fi des discours politiques, de leurs folies hégémoniques, de l’absence d’humilité, du besoin de se montrer ou des prises de paroles sarcastiques, il peut faire bon vivre à Boulogne-sur-Mer.

Ce qui ne doit pas empêcher de voir la réalité en face… Sans se laisser illusionner par un Boulogne Potemkine.
* Circulation presque apaisée: on attend avec impatience la remise à deux voies opposées le Bd Gambetta et la rue de Folkestone.