LA CHARTE DU JOURNALISTE
LA RAPPELER NE SAURAIT NUIRE
Il y a un demi-siècle, quand j'ai reçu ma première carte de journaliste professionnel, j'ai signé cette charte. Je m'y conforme encore aujourd'hui et j'assume la responsabilité de tout ce qui est écrit ici bien que n'étant plus “professionnel”.
Jacques Girard
Un journaliste digne de ce nom :
- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles, même anonymes ;
- Respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence ;
- Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non-vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;
- Exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent ;
- Dispose d’un droit de suite, qui est aussi un devoir, sur les informations qu’il diffuse et fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révèlerait inexacte ;
- N’accepte en matière de déontologie et d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs ; répond devant la justice des délits prévus par la loi ;
- Défend la liberté d’expression, d’opinion, de l’information, du commentaire et de la critique ;
- Proscrit tout moyen déloyal et vénal pour obtenir une information.
- Ne touche pas d’argent dans un service public, une institution ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ;
- Cite les confrères dont il utilise le travail, ne commet aucun plagiat ;
- Ne sollicite pas la place d’un confrère en offrant de travailler à des conditions inférieures ;
- Garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations ;
- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge.
Bref, voilà des règles qu'on ne trouve plus dans les fameux réseaux dits sociaux. En ces temps difficiles il m'a semblé utile de les rappeler. J'y ferai régulièrement référence.