J'AI MAL À MA FRANCE

ET JE CRAINS QUE CE SOIT UN MAL INCURABLE

Dimanche 18 octobre, huit heures du matin. Dans sa Datcha de la banlieue de Moscou, Vladimir Poutine prend son petit déjeuner. Sur sa télé grand écran la chaine Perviy Kanal diffuse en permanence des images de Paris, de Marseille, de Lille, de Limoges. On y voit des bâtiments publics en flammes, des véhicules incendiés, des vitrines brisées, des jeunes hommes en tenue de camouflage provoquer des policiers incapables de réagir. Sans détourner le regard des images, Vladimir demande à Dmitri, son valet de pied «  Dis moi, camarade, n’est-ce pas le président de ce pays qui veut nous faire la guerre..? ».  
Mort de rire, Dmitri manque de faire tomber son plateau.  

Quelles images! Ou, plutôt, quelle image de la France. Comme aurait pu dire le duo des incorrigibles Nunez et Lecornu « La France était au bord du chaos, grâce à nous elle vient de faire un grand pas en avant ».

Ah, comme ils étaient comiques à voir et à entendre ces deux personnages sortis tout droit d’une scène de Guignol. Ah, le regard désemparé de Lecornu.

Ah, la bise confraternelle qu’ont échangée Nunez et le commissaire de police devant les caméras du monde entier. Mieux que l’Épître aux Corinthiens, les pitres au corps national.

Au fait, pendant ces exactions et déprédations, où étaient donc passés ces députés qui avaient encouragé ces rassemblements sans ignorer leurs possibles tragiques conséquences. On aurait bien aimé les voir, revêtus de leur écharpe tricolore, s’en aller expliquer à ces « jeunes » que ce n’était pas beau de casser, qu’ils détruisaient ainsi le sens d’une révolte légitime. Mais ils avaient mieux à faire, comme donner des leçons de politique sur les plateaux des télés par exemple.

Ce matin j’ai vraiment mal à ma France et je commence à craindre que ce soit un mal incurable.  

J.G.