Jusqu’ici tout va bien

plus dure sera la chute

 

On va vous parler d’un temps que les moins de 78 ans ne peuvent pas connaître. On a retrouvé ces témoignages dans un blog intitulé « Nos années Vintage » (voir les références et le lien ci-dessous)

On était en 1966. Après avoir quitté l’école primaire à onze ans pour entrer en sixième dans un collège-lycée; après avoir satisfait à des épreuves secondaires (Certificat d’études primaires, Brevet du premier cycle) était enfin arrivé le temps du baccalauréat. 

Une épreuve à laquelle moins de vingt pour cent des jeunes accédaient et à l'issue de laquelle environ deux candidats sur trois décrocheraient le fameux diplôme. Autrement dit, seuls quinze pour cent des jeunes devenaient bacheliers en ces années-là. 
En 1966 la sélection était impitoyable. 
Trois jours après la fin des épreuves qui s’étaient étalées dans le temps, les candidats se rendaient devant des panneaux où étaient affichés les résultats. Et, là, il y avait des cris de joie. Des larmes aussi pour les recalés. Et encore un peu d’espoir pour ceux qui devraient en passer par les oraux.  

Pour comprendre ce que représentait le bac 1966, il faut se glisser dans la peau de la France d’alors. Le général de Gaulle est à l’Élysée depuis huit ans, les Trente Glorieuses ronronnent à plein régime, et la télévision en noir et blanc commence à coloniser les salons — même si l’ORTF ne propose que deux chaînes et s’arrête avant minuit. (cf Les Années Vintage)

 

Oui, c’était une autre France. Celle du plein emploi. Celle d’un pays qui rayonnait dans le monde. Celle d’un pays où l’on regardait l’avenir avec espoir et sérénité. Et puis…

Et puis il y aurait Mai 68. Et puis il y aurait au pouvoir des gens plus intéressés par leur carrière personnelle que par la vie de ce pays. Le déclin n’allait pas tarder à commencer. 
Soixante ans plus tard, la France n’est pas loin de toucher le fond, ce qui serait malgré tout un moindre mal. Le problème, c’est que l’on n’est pas vraiment sûr qu’il y ait un fond…  

Pour avoir traversé cette période là, on ne peut qu’avoir un profond mépris pour tous ceux qui se sont succédé au pouvoir, à tous les pouvoirs, au cours de ces dernières décennies. 
Quant aux « jeunes » d’aujourd’hui en révolte, ils sont sûrement persuadés d’avoir raison et ce ne sont pas ceux qui se sont trompés sur tout qui pourraient leur donner des leçons.

Pourtant, l’auteur de ces lignes se souvient. C’était pendant ces temps heureux de jadis. Ce prétentieux gamin de 17 ans avait engagé la conversation avec un ouvrier qui réparait une canalisation devant chez lui. A un stade de l’échange, l’ouvrier s’était tourné vers le jeune en lui disant « Je voudrais bien avoir encore ton âge et savoir tout ce que je sais ». Le jeune s’était contenté de sourire. Il avait juste pensé in petto « Va donc, eh, j’en sais déjà bien plus que toi ». Sans doute ce jeune imbécile faisait-il référence à son prétendu savoir en mathématique ou en philosophie.  On est toujours le jeune con de quelqu'un et le vieux con d’un autre. Le temps ne fait rien à l’affaire, comme le chantait G. Brassens.

Allez, un dernier détail. Voici, telle que publiée sur le blog, une photo de jeunes candidats bacheliers datée (la photo) de l’année 1966 venus chercher leurs résultats:


C’était un autre monde, n'est-il pas...  



https://nosanneesvintage.fr/bac-1966-lexamen-qui-faisait-trembler-la-france/