Une boulangerie qui ferme…
C’est une petite commune littorale au sud de Boulogne. Une commune tranquille au point que l’on pourrait croire, parfois, que le temps s’y est arrêté.
La municipalité fait ce qu’elle peut pour y maintenir une activité commerciale indispensable au bien-vivre de la population locale et à celui des touristes de passage.
C’est ainsi que cette municipalité avait investi dans la rénovation d’une entreprise de charcuterie. Mais les nouveaux gérants ont fini par jeter l’éponge. Trop de charges et pas assez de clients.
Ces jours-ci, c’est l’ancien boulanger du village qui a pris la parole sur Facebook. Dans un long plaidoyer pour sa défense, cet artisan explique pourquoi il s’est vu contraint de céder la place depuis le 1er septembre dernier. Il s’en explique et il s’en excuse auprès de ceux qui l’ont soutenu. « Derrière une boutique, il y a des personnes, des efforts, des sacrifices… Nous avons fait de notre mieux avec nos qualités et nos défauts mais nous sommes aussi humains et nous avons nos limites. Nous avons décidé de tourner cette page et d’avancer… »
Boulanger, c’est un métier qui ne s’improvise pas. Il s’apprend, avec le temps et l’amour du travail bien fait. Il faut se lever tous les matins alors que tout le monde dort encore. Puis il faut vendre, satisfaire les clients. Et quand ces fonctions sont remplies, il faut tenir les comptes, payer les charges, les salaires. Un métier à deux ou trois fois plein-temps.

Il n’intéresse plus grand monde. La CGT ne va pas défiler ce jeudi pour soutenir des artisans qui font vivre le pays. Nos jeunes idiots qui bloquent les lycées après deux semaines de vacances n’auront jamais l’intention d’aller embrasser une telle vocation artisanale. Quel jeune aujourd’hui aurait d’ailleurs envie de tels horaires de travail et de telles complications. Et puis…
Et puis, pour le boulanger artisan, il y a aussi les règles, les obligations, les interdictions imposées par des technocrates qui n’ont jamais rien créé d’autre de leur vie que des normes. Et puis, et surtout, le prix de l’énergie qui a été quasiment multiplié par trois en un peu plus d’une décennie.
Une boulangerie qui ferme c’est un village qui meurt. Bonne chance à la municipalité d’Équihen-Plage pour aider le boulanger remplaçant à tenir le cap.
Il y a du pain sur la planche !