LE CHAOS LEUR VA SI BIEN
Je vous parle d’un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître. Dans les années quatre-vingts, sous la conduite de l’empereur Auguste de la Cégété, les journées de grève et autres manifestations entre port et ville étaient courantes.
Elles prétendaient toutes défendre l’emploi, celui des travailleuses de la marée, celui des dockers à la pêche comme au commerce, celui des pêcheurs en haute-mer, celui des navigants des compagnies maritimes. A ces occasions le port de Boulogne se retrouva même bloqué pendant plusieurs jours. Ah, j’en ai suivi et j’en ai commenté de ces manifestations de mécontentement..!
Puis le leader syndicaliste est parti sous d’autres cieux. Ses collègues ont continué de pantoufler dans divers organismes publics en attendant la retraite. Il n’y a quasiment plus de dockers sur les quais. La pêche semi-industrielle locale est tombée de 140.000 à 30.000 tonnes. Le port n’a plus de commerce que le nom. Même la Chambre éponyme (de commerce) a disparu. Quant au trafic maritime de passagers (anciennement quatre millions de voyageurs par an) il n’est plus qu’un lointain souvenir. Je vous parle d’un temps…
Alors, quand je vois que de braves gens, sans doute sincères, pensent encore pouvoir changer les choses avec des grèves, des slogans et des banderoles, j’ai de la peine.
En fait ceux-là deviennent, involontairement bien sûr, les complices du Système. Un Système qui a fait qu’en soixante ans la France est passée de la seconde place économique mondiale (1966) à un pays au bord de la faillite (2026). Et si le Système se fiche des manifestations à Boulogne, ville calme et modérée où tout le monde se connaît et se respecte lors des défilés, il se frotte les mains quand il voit dans des grandes villes ces manifestations tourner à l’émeute. Et au saccage. Et à des pertes financières en milliards et à des pertes de crédit incommensurables. Et à un sentiment d’inquiétude, voire d’angoisse, qui s’insinue peu à peu dans la population.
Un sentiment bienvenu et encouragé par quelques politiciens de haut vol. Tout a déjà été programmé.
Le chaos leur va si bien.
J.G.
